L’hiver est là et les températures descendent. C’est la période pendant laquelle il y a le plus de pathologies bénignes (rhume, état grippal, angine, rhinopharyngite, …). La peau devient plus sèche jusqu’à craqueler et devenir douloureuse. Pourtant, le froid ralentit la prolifération des microbes et possède de nombreuses propriétés pour soulager certaines douleurs. Alors, qu’en est-il réellement ? Le froid est-il bon ou mauvais pour la santé ? Nous faisons le point.
Le froid peut parfois être un allié pour la santé
Lorsque nous nous blessons, nous mettons rapidement de la glace sur la zone douloureuse. En effet, le froid provoque une vasoconstriction (diminution du diamètre des petits vaisseaux), une diminution de la conduction de l’influx nerveux (donc moins de douleur ressentie), un abaissement de la température corporelle provoquant un effet anti-inflammatoire et une stimulation des récepteurs thermiques de la peau puis centraux, qui déclenchent les systèmes de régulation thermique (augmentation du tonus musculaire et du fonctionnement cellulaire, sécrétion d’hormones telles que l’adrénaline, les corticoïdes, les hormones thyroïdiennes, …).
De ces propriétés est née la cryothérapie, utilisée contre les fibromyalgies, les pathologies rhumatismales, les troubles du tonus musculaire, permettant également de réduire le gonflement des jambes, lutter contre la rétention d'eau, accroitre la tonicité du corps et améliorer la fermeté de la peau.
Multiplication des affections respiratoires en hiver
Pourtant en état d’hibernation, les bactéries et les virus grippaux font des ravages l’hiver. En effet, les habitations sont chauffées et peu aérées avec les virus et bactéries qui ne sont pas évacuées.
Ainsi, un virus, même en état d’hibernation (il faut des températures souvent inférieures à -30°C pour les éradiquer !) va se retrouver dans un environnement à 37°C où il va se multiplier et provoquer les infections que nous connaissons. C'est pourquoi les affections respiratoires se multiplient en hiver : rhinopharyngites, otites, pneumonie, bronchite, etc.
La seule méthode efficace contre les virus consiste en :
- l’aération des pièces de la maison,
- une température raisonnable dans les logements,
- une hygiène correcte et fréquente des mains.
Le froid augmente les risques de maladies cardiovasculaires
- Le grand froid augmente le risque de maladies cardiovasculaires : Infarctus du myocarde (crise cardiaque) et AVC (Accident Vasculaire Cérébral).
- Il favorise aussi la survenue des crises du phénomène de Raynaud. Ce trouble de la circulation sanguine se manifeste notamment par un arrêt temporaire de l’afflux de sang (ischémie) dans les doigts, qui sont alors mal oxygénés.
La mécanique du corps est bien rodée et fait tout pour maintenir les 37°C nécessaires à son bon fonctionnement. Le cœur bat plus vite et plus fort, ce qui consomme plus d’énergie.
Les insuffisants cardiaques, ceux qui présentent des troubles du rythme cardiaque, ceux qui ont déjà fait des AVC, mais aussi les personnes de plus de 65 ans doivent être encore plus prudentes face au froid.
La peau à l’épreuve du froid
Véritable barrière, la peau est en perpétuel recyclage. Essentiellement composée de gras, la peau empêche les éléments étrangers de rentrer. Les glandes sébacées, à la base de chaque pore ou poil, sécrètent du sébum, corps gras qui alimente les cellules en « ciment ».
Lorsqu’il fait froid, la quantité de sébum peut ne plus suffire : la peau perd en cohésion, se déshydrate plus vite et devient moins souple.
C’est essentiellement au niveau des mains que les crevasses et les gerçures signalent les premiers signes de dérèglement lié au froid. Il faut donc apporter le gras nécessaire aux mains (mais sans oublier le corps entier) afin que la peau retrouve toute sa souplesse et toute sa capacité de protection.
Indéniablement, le froid est une épreuve pour le corps. En le protégeant suffisamment, nous pouvons profiter des effets positifs du froid et affronter l’hiver en toute quiétude.
Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS